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Alexandre Pepe: “L’équipe commençait à montrer son vrai visage”

Arrivé en juillet dernier, l’entraîneur de La Chaux-de-Fonds, Alexandre Pepe, revient dans une interview sur le début de saison du FCC, l’arrêt du championnat, son intégration et sa découverte du football suisse. Entretien.

Comment as-tu vécu la fin prématurée de cette première partie de saison ?

On est très déçu d’être coupé en plein élan car l’équipe commençait à montrer son vrai visage après un début de saison difficile. Mais bien entendu par rapport à la situation sanitaire, on était obligé d’arrêter et c’est juste normal. Il faut respecter le fait que c’est une situation compliquée et prendre son mal en patience.

Quel regard portes-tu sur cette première partie de saison ?

Elle est un peu scindée en deux. Dans une première phase, on a eu beaucoup de mal à se préparer parce que l’équipe était en grand chantier. On entraînait des joueurs qui étaient soit à l’essai soit qui sont partis en cours de préparation. L’effectif a été au complet à partir du 1er septembre donc on va dire qu’on a débuté notre saison à partir de cette date. On a commencé notre saison avec 4 matchs, 4 défaites mais donc avec une équipe qui ne ressemble plus beaucoup à celle qui joue actuellement et qui n’était pas prête non plus sur le plan physique. Je dirai qu’il y a une deuxième partie dans cette première partie, c’est l’équipe avec lequel on a pu commencer à travailler correctement sur la durée. Celle-ci nous a apporté satisfaction puisque sur les cinq derniers matchs, on a pris pas mal de points et c’est ce qui nous a permis de revenir dans le ventre mou du classement même si on est encore loin d’être mathématiquement maintenu. Mais on a installé une dynamique. On a créé une équipe, un état d’esprit et maintenant c’est sur ça qu’on devra s’appuyer pour poursuivre le travail entamé.

Justement comment fait-on mentalement quand on débute par autant de défaites d’affilée ? Il faut être assez fort pour ne pas se mettre dans le doute et finalement arriver à enclencher une spirale positive…

C’est vrai. C’est tout à l’honneur des joueurs parce que personne n’a jamais lâché. On n’a jamais changé d’attitude, baissé les bras. Personne n’a montré de signe de frustration, de lassitude ou d’agacement et on a toujours gardé le fil conducteur. Avec le staff, on a été très protecteur avec les joueurs pour leur dire que ça allait tourner et que le temps allait jouer en notre faveur parce que physiquement on allait revenir, parce que collectivement on avait commencé à récolter les fruits du travail. Puis les recrues, qui sont arrivées sur le tard, nous ont également apporté un plus. Donc on savait que le temps jouait en notre faveur et qu’il fallait uniquement garder l’état d’esprit, continuer de travailler. Lorsqu’on a commencé à faire un match nul, une victoire, ça a directement rejailli sur tout le monde au niveau positif et à partir de là une série positive s’est enclenchée. Les joueurs ont vu qu’on était dans le vrai. Maintenant, tout le monde tire dans le même sens.

Tu as découvert le football suisse. Comment est-ce que tu t’es adapté ? Est-ce que cela a été difficile ?

Il y a eu un moment d’adaptation déjà par rapport aux règlements. C’est un football qui équivaut au niveau National 3 en France. Par contre, il est totalement différent. Il est beaucoup plus fin, beaucoup plus technique mais il est moins athlétique. Il y a beaucoup plus de risques offensifs qui sont pris. En France, on tombe souvent sur des blocs qui sont bas et denses tandis que là le jeu est beaucoup plus ouvert. Quelque part, ça favorise le jeu offensif et ce n’est pas plus mal. J’ai été surpris du niveau que j’ai trouvé sur les terrains suisses. Franchement, je suis très content d’être là. Ça me rafraîchit un peu car c’est un nouveau football. C’est très plaisant et c’est une très bonne expérience.

D’autant plus que tu es un entraîneur qui aime le football offensif…

Oui quand on aime ce football, c’est plaisant de jouer avec des blocs qui sont ouverts. Mais il faut s’adapter aussi parce qu’en face il y a du répondant. C’est bien de jouer contre ces blocs mais c’est très différent par rapport à des blocs bas. Il faut savoir y répondre. Pas mal d’équipes nous ont posé des problèmes à ce niveau-là.

Comment s’est passée ton intégration au sein du club de La Chaux-de-Fonds ?

Avec mon adjoint Julien Arbaud, je suis arrivé en cours de route avec un mois d’entraînement qui avait déjà été fait. Très franchement, on a été très agréablement surpris de l’accueil des joueurs qui sont très respectueux, vraiment bien éduqués et qui aiment le foot. Très satisfait de l’accueil du président et de son comité-directeur qui nous ont mis dans les meilleures conditions possibles. Je dirai que le binôme avec le président fonctionne très bien. Il y a beaucoup d’échanges avec l’ensemble du comité. On a été très bien accueilli et maintenant c’est à moi de le leur rendre, de redresser la barre. C’est ce qu’on essaye de faire depuis ce nouveau cycle qu’on a enclenché en juillet avec la volonté de terminer la saison de la meilleure des façons. Après on pourra peut-être se donner un peu plus d’ambition.

Surtout que c’est un club qui a une histoire donc c’est toujours intéressant à entraîner…

Oui c’est plaisant parce que c’est un club historique qui a gagné des titres nationaux. C’est un club qui a joué la Coupe d’Europe même si ça remonte à une cinquantaine d’années. Et puis comme on dit, les clubs qui ont un passé ont un avenir donc c’est pour ça que j’aimerai bien apporter ma pierre à l’édifice avec l’équipe et le comité qui sont en place et rallumer un peu la flamme.

Comment fait-on pour garder un groupe concerné avec l’arrêt du championnat et des entraînements ? Est-ce qu’il y a un programme ?

C’est très compliqué. On est dans une totale inconnue. On a donné un programme individuel aux joueurs. Maintenant c’est confiance-confiance. On n’aura jamais une maîtrise totale sur les joueurs pour savoir s’ils respectent le programme ou pas. C’est à eux de le faire. On n’est pas des gendarmes. J’appelle régulièrement les joueurs pour prendre de leurs nouvelles. Puis on a mis en place quelques activités de jeux de rôle où les joueurs travaillent par groupe de trois. De cette façon, ça nous fait des interférences entre staff et joueurs tout en gardant un lien social qui est important car la coupure va faire au moins deux mois et demi.

Est-ce que ce n’est pas difficile de ne pas avoir de date de reprise ? Comment aborder cette deuxième partie de saison avec les matchs à rattraper ? Est-ce que tu n’auras pas peur d’une accumulation de matchs ou bien au contraire tu pourras enchaîner sur une nouvelle dynamique ?

Comme on a commencé assez tôt le championnat, il nous reste cinq matchs-aller à jouer. Logiquement, la reprise est prévue début mars donc si éventuellement, on reprend une quinzaine de jours plus tôt et qu’on peut glisser trois matchs en semaine, la deuxième partie de saison sera beaucoup plus lourde. Mais ça peut être jouable de tenir physiquement la cadence. Ce n’est pas insurmontable. On pourra s’adapter. Maintenant nous dans notre position, il nous faudra un effectif un peu plus élargi parce qu’aujourd’hui il est très réduit. Pour tenir 18 matchs en cinq mois avec l’effectif actuel, ça peut être compliqué. C’est pour ça qu’il y a un mercato qui va arriver et il faudra qu’on y soit attentif pour pouvoir se renforcer en qualité et en quantité.